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Soleil de Taroudant

Au souk de Taroudant... La lanterne du Dinandier

7 Décembre 2008 , Rédigé par Yves Publié dans #... Le souk de Taroudant

Lampe d'Aladin, lanterne magique, lanterne des mille et une nuits...

Dans la partie du souk la plus bruyante, là où le fracas assourdissant des marteaux occupés à façonner plateaux, chaudrons et marmites emplit l’atmosphère d’une joyeuse cacophonie, règnent forgerons et dinandiers.

Artisans spécialistes du fer, du cuivre et du fer blanc, ce sont eux qui assurent la production de ces lampes traditionnelles, revisitées pour l’occasion. Est-ce le génie d’Aladin caché dans ces lanternes modernes, accessoire indispensable des contes orientaux, ou bien la fascination de l’Occident pour leur éclairage naturel, qui a donné un second souffle à leur fabrication ? En tous les cas, c’est par dizaines qu’elles sortent des ateliers de la médina au sol maculé de graisse et jonché de longs copeaux de fer blanc. On les trouve accrochées les unes aux autres aux devantures des échoppes ou s’entassant dans les ruelles de ces quartiers réservés, témoins silencieux du savoir-faire séculaire des dinandiers. À longueur de journée, maalems et apprentis cisèlent cuivre et fer blanc, découpent les rubans de métal, emboutissent les métaux et décorent au burin avec un art consommé. Certains associent le cuivre ajouré au verre de couleur, rouge, bleu, vert, pour créer des résilles multicolores. En forme d’étoiles, mais aussi à quatre ou six faces, les lanternes se déclinent dans tous les formats.


Le verre industriel motif Mouris 100dhs/m² existe en transparent, vert, jaune et bleu ciel (le rouge est peint).

Le verre Iranien transparent existe en bleu nuit, rouge écarlate, vert et jaune 600dhs/m².

La marrakchia

Grand classique, la « marrakchia », cette Photophore que l’on pose à même la terre, de forme carrée et aux côtés ajourés pour mieux cercler la lumière, jouit d’un grand succès commercial. Réalisée à la va-vite pour cause de tourisme effréné ou au contraire œuvre d’art unique, c’est La Lanterne par excellence.

Autre must : collectionner des lanternes, pas plus grandes qu’un verre, que l’on dispose en grand nombre pour délimiter d’une multitude de lueurs dorées une terrasse ou une allée de jardin. Féerie garantie.

 


Un artisanat qui traverse les générations

Autrefois, les corporations artisanales travaillant le fer se répartissaient la tâche : il y avait ceux qui forgeaient les grilles recouvrant fenêtres et lucarnes, les armuriers et les fabricants de serrure. En ville, jouissant d’une clientèle plus raffinée, surtout dans les grandes cités impériales, les forgerons ont modelé des objets mobiliers d’une grande finesse. Parmi eux, lanternes, lampes et chandeliers, d’autant plus raffinés qu’ils constituaient avec les lustres, une source majeure d’éclairage au sein des mosquées. Avant l’électrification des demeures marocaines, on trouvait bon nombre de lampes, d’une grande diversité, destinées à éclairer les intérieurs des riads et des maisons. Rudimentaires mais d’une redoutable efficacité dans leur conception, elles tenaient du chandelier, protégé par des parois en verre ou en fer que l’on décorait à loisir. Aujourd’hui, même si les matériaux utilisés sont moins nobles et les techniques de vieillissement parfois expéditives, les lanternes offrent une grande variété dans les ajours qui y sont découpés. Ciselées et repoussées avec habileté, leurs parois prennent des allures de dentelle : les arabesques dessinées sur le métal tamisent la lueur des bougies en formes poétiques. Au vu de l’activité qui règne aux abords des échoppes des dinandiers, on a peine à croire que les lanterniers soient en passe de voir leur art disparaître pour cause de modernisation. Le tourisme aura cette fois contribué à la survie d’un artisanat menacé, mettant les pleins feux sur le talent des dinandiers, ces artistes en lumière.


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